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Panther A dans les bocages de la Bataille des Haies

Introduction

Bonjour à tous,
Je suis heureux de présenter mon montage du Panther A au 1/35 de chez Meng. J'ai acquis un kit zimmerit pour le faire rentrer dans les critères historiques, puisque tous les Panthers A en 1944 en étaient dotés. Je ne passe pas en revue le kit, il est de bonne facture pour l'instant, tout s'emboîte bien, les pièces sont de bonnes qualité et bien détaillées (pour les plus curieux, des revues existent sur Youtube, surtout anglophones).
J'ai prévu de monter la version prévue par la notice, de la 2ème Panzer Division, que je détaillerais après puisque le projet s'inscrit dans une volonté historique, avec des images d'archive du char spécifiquement !

Le contexte historique

Alors que le débarquement a eu lieu, les troupes alliées cherchent absolument à établir une tête de pont stable qui leur permettrait d'envoyer le gros de leurs troupes pour durablement s'installer sur le continent européen et espérer défaire le Reich. On considère que la bataille des haies commence le 13 juin 1944 (au niveau de la ligne noire de la carte) et va faire rage dans toute la Normandie, jusqu'à la libération presque entière de celle-ci. Cette bataille, très meurtrière pour les deux camps, va surtout s'avérer un gouffre matériel pour les deux camps : de très nombreux chars et soldats sont tués comme souvent à la suite d'un débarquement, mais l'aviation alliée permet de contraindre les allemands au recul, malgré la supériorité technologique de leur chars, théoriquement. Les allemands avaient notamment un avantage défensif, dans les bocages normands, particulièrement difficile à prendre d'assaut. Staline lancera pendant cette bataille l'opération Bagration à l'est (le 22 juin), une vaste offensive pour épuiser les allemands en parallèle du débarquement. Cette bataille sera parmi les avancées clés pour la libération de la France grâce à la création d'un front stabilisé permettant (surtout) aux américains de déverser tout le matériel prévu en Normandie.
Je ne compte pas développer plus en détail l'histoire globale de la bataille, car cela a déjà été très bien fait par Laurent Cama, dans son article que j'invite les plus avides d'histoire à aller lire.

La 2nde Panzerdivision

Mon but étant de lancer un projet historique, je me suis renseigné sur la livrée précise fournie par le kit Meng à savoir un Panther A de la 2nde Panzer Division

Cette 2nde Panzer Division est parmi les plus iconiques de l'armée allemande. A ne pas confondre avec la 2nde SS Panzer Division, qui appartient à la SS (et qui a par ailleurs été de toutes les mêmes batailles), la 2nde Panzer Division appartient elle, bien à la Wehrmacht. Cette unité est iconique car elle a été de tous les fronts : créée en 1935, elle est présente lors de la "campagne" d'Autriche en 1938, la campagne de France en 1940, puis dans les Balkans en 1941, avant de passer sur le Front de l'est 1941-1944, jusqu'à son transfert sur le contrôle des côtes françaises. Elle sera une division redoutée et redoutable, notamment grâce à son expérience significative, et la présence de nombreux vétérans aguerris par les campagnes précédentes, et extrêmement entraînés, y compris avec les Panthers et Tigres, reçus dans l'unité dès leurs premières sorties d'usine en 1942.

Insigne de la 2nde Panzerdivision en 1944
Le lieutenant colonel Heinrich von Luetwitz, dirigeant la 2nde Panzerdivision lors du débarquement

Le Panther A n°96

Le seul Panther A en Normandie dans le kit meng est le n°96. J'ai pu trouver comme indices pour la suite de ce montage les quatre photos ci-contre, qui sont à ma connaissance les seules photos existantes du véhicule. Ces photos ont été prises à la mi-août 1944, soit bien après la bataille des haies. Toutefois, il sera possible de s'inspirer de nombreux éléments présents sur ces images, comme l'impact sur la plaque frontale, le fil d'antenne bien spécifique, la présence d'une berthe à lait contre la tourelle, les tabourets (ou un banc ?) sur les grilles (ventilation et refroidissement moteur), la perte (ou destruction) d'une des deux caisses à outils à l'arrière, ainsi que l'état dégradé de la dernière jupe latérale. Pour simuler le passage du temps, et l'usure au combat, constatés sur ces clichés d'aout 1944, je pense le représenter (début juillet) avec 2 ou 3 jupes latérales supplémentaires. Pour le reste, comme je n'ai pas d'informations sur l'équipage, ou le service du véhicule lors de précédentes campagnes, je vais partir du principe que le véhicule est déjà assez sali et usé (usure sur le zimmerit).

Assemblage du bas de caisse

J'ai fini le bas de caisse assez rapidement, le train de roulement était rapide à mettre en place, l'armature de la caisse est solide et constituée de quelques pièces qui s'emboîtent bien, donc les choses se sont faites naturellement.
La partie la plus pénible sur le bas de caisse, les chenilles qui ici sont à faire maillon par maillon. C'est de l'orfèvrerie car il faut assembler les picots sur les chenilles avant d'assembler tous les maillons (87 de chaque côté). C'est l'un des seuls points négatifs jusqu'ici, les maillons sont difficile à maintenir les uns avec les autres, et les chenilles doivent être collées donc difficile de faire prendre la forme souhaitée avec cette contrainte. J'ai déjà appliqué le zimmerit ici, car une fois le tout mis en place, et encore plus avec les jupes latérales d'ici peu, il sera impossible d'y revenir.

Montage du haut de la caisse

J'ai procédé hier au montage du haut de la caisse, tout s'est bien déroulé, il ne me reste maintenant plus qu'à fixer différents outillages, antenne, etc...
J'ai laissé amovible les 2 trappes conducteur et opérateur radio si jamais j'ai des figurines à disposition, et selon la mise en situation que je ferais plus tard.
J'ai été obligé de coller les pièces de photo-découpe grillagées avec de la colle à bois, n'ayant pas de cyano, ça se voit malheureusement un peu...

Pour les impatients comme moi, je mets les photos du montage à blanc des deux parties de la caisse qui donne tout de suite plus d'ampleur à la chose.

La tourelle

La tourelle est déjà terminée, je l'ai montée en moins d'une heure, le canon n'était fait par bonheur que d'une pièce, j'ai laissé la coupole commandant ouverte, je pourrais encore la fermer le moment venu.
Il fallait réaliser des trous de moins d'un mm pour la fixation future des chenilles, j'ai donc usé d'une technique bricolage pour les réaliser, une aiguille de couture chauffée au briquet avant chaque trou, et l'on passe à travers assez facilement. Le résultat est quelque peu irrégulier mais suffira pour la fixation.

 

(cliquez sur les images ci dessous pour les voir en entier)

Passage du Zimmerit

Le montage touche déjà à sa fin, et il est temps de revêtir ce char d'une couche caractéristique de zimmerit (mélange de composés chimiques, de pigments et de sciure de bois https://fr.wikipedia.org/wiki/Zimmerit#Composition, la composition a évolué a plusieurs reprises pour s'adapter aux besoins du front) pour empêcher le collage de mines magnétiques et autres engins explosifs collants improvisés. Pour les cinéphiles, vous vous rappellerez la scène du film Il faut sauver le soldat Ryan, dans laquelle Tom Hanks explique comment réaliser une bombe magnétique avec une "chaussette de GI standard" 🙂   d'ou l'importance du zimmerit.
Les décalcomanies s'ajustent bien et après avoir comme précisé dans les instructions rajouté après séchage une couche de colle par dessus, on peut limer certaines zones sans tout arracher, donc à ce niveau là pas de soucis, même si le faire soi même reste toujours la meilleure option (je n'ai pas de putty ou équivalent donc tant pis). Il ne me reste plus qu'à "zimmeriter" l'arrière de la caisse, et nous pourrons passer à la peinture.
Je vais rajouter une étape complémentaire au montage, accrocher les outils à la caisse, et les jupes, cela sera plus simple pour le camouflage et la peinture de l'outillage à part. Il ne me restera plus qu'à terminer les chenilles.

Peinture - Camouflage

Le camouflage

Le camouflage est fini, selon les standards de Normandie, je n'ai pas spécialement suivi de schéma puisque les photos ne permettent pas de voir le camouflage correctement, et la notice l'invente, notamment pour les jupes qui ne sont déjà plus sur les photos historiques. Je ne travaille qu'avec la peinture model color et le diluant de la marque pour l'aérographe. Pour la sous couche, une simple passe en blanc. J'ai ensuite fait une couche de base qui était beaucoup trop foncée, presque caramel (je n'ai pas pris de photos), et je l'ai reprise avec un ratio 2.5 de blanc pour 1 de "ocre marron" (70.856) évidemment dilués, autour de 50%.
Pour le camouflage, il s'agît d'un mélange de "vert militaire" (70.975) et de "vert olive" (70.967) à environ 5 pour 1. Le marron est fait à base de "marron cuir foncé" (70.871) et de "vermillion" (70.909) aussi autour de 5 pour 1.
Je ne suis pas très satisfait du résultat par endroit, j'ai eu des problèmes d'aérographe, avec des petits morceaux de peinture qui bloquaient la buse et faisaient tous ces petits mouchetages, que je vais essayer de reprendre comme je peux. Si vous avez des suggestions pour résoudre ce problème maintenant qu'il survient ou pour le prévenir à mon prochain camouflage je suis très preneur ! Peut-être est ce une question de pression ? (je peins à ± 1.3 bar).
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7 Commentaires
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Frédéric Triou
Auteur D2MM
11 mars 2024 20h55

Une belle bête et un beau projet

Martial HELLO
Invité
Martial HELLO
25 février 2024 10h51

Je vais suivre avec attention !

Laurent Cama
Auteur D2MM
24 février 2024 13h14

Merci Théophile d’avoir associé mon article au tien!! Je ne manquerai pas de faire un clin d’œil à ton sujet lors de ma prochaine mise à jour.
Je vais bien évidement suivre ton montage…….