Reconnaissance à Villers-Bocage

Introduction

Pour ce devoir de mémoire commémorant les 80 ans du débarquement en Normandie, après mures réflexions, je me suis décidé à réaliser un diorama retraçant un épisode s'intégrant dans le thème "Résistance 1re et 12ème Div. Blindées SS - GER" avec un zoom particulier sur la bataille de Villers-Bocage. Cet épisode qui s'est déroulé le 13 juin 1944 a rendu célèbre un officier allemand au nom de Michael Wittmann. Ce commandant de char  appartenait à la 101e bataillon SS de chars lourds, elle même rattachée à la 1re division SS Leibstandarte. L'évènement en question est principalement un combat de blindés, entre les Allemands et les Britanniques impliquant forcément du matériel lourd notamment les fameux Tigre avec, comme décors, le village de Villers-Bocage et ses alentours. En essayant de me projeter dans le futur diorama, je me rendais vite compte que mon idée était ambitieuse. Ce projet allait forcément conduire à un diorama de dimension respectable au vu des véhicules en jeu (Tigre, Sherman, Cromwell, Half Track, ...) ce qui n'était pas mon objectif premier. C'est alors qu'en compulsant la documentation existante sur le net, je suis tombé sur un fait qui m'a séduit. Entre les deux attaques principales, Wittmann avait rejoint ses troupes pour les briefer dans sa Schwimmwagen, son char étant momentanément hors de combat. Cela m'a donné l'idée de mon diorama mettant en scène le capitaine Wittmann en Schwimmagen traversant les faubourgs de Villers-Bocage pour rejoindre ses hommes.

Les kits

Pour ce projet j'ai sélectionné deux kits. Il me fallait, bien sûr, tout d'abord une Schwimmwagen et j'ai préféré celle de Tamiya ref. 224 (Cf. revue de boîte). J'ai choisi cette boîte car, parmi les versions proposées, il y a la SS-Panzer-Abteilung 101 en Normandie en juin 1944. Cette décoration tombe à pic car correspondant exactement à mon projet. De plus le chauffeur est livré avec le kit : quoi demander de plus ? J'ai rajouté un kit d'embellissement de chez Hauler qui comprend un set de photodécoupe. Ce véhicule militaire sera accompagné par une sympathique Simca 5 toujours de chez Tamiya ref. 321 (Cf. revue de boîte). J'aime bien cette petite automobile des années 30 qui est la plus Française des Italiennes. C'est en effet, à l'origine, une Fiat Topolino qui, par un tour de passe-passe signé Henri Pigozzi, le patron de la jeune SIMCA en a fait la Simca 5. L'idée est de faire figurer cette auto comme ayant subi une attaque et abandonnée. Enfin un set de figurines de chez Italeri ref. 306, "German tank crew", déniché dernièrement dans une bourse d'échanges viendra compléter ces 2 kits. J'espère trouver dans ce set les moyens de créer mon capitaine Wittmann ! Au fil du montage et si besoin, je complèterai cette liste avec d'autres éléments,  mais ce sera du cosmétique.

Photo prise à Villers-Bocage en Juin 1944

Projet de diorama

Pour ce diorama, j'envisage de partir sur une rue en sortie de Villers-Bocage, l'action se situant en juin 1944 aux alentours de la bataille du village éponyme. Je prévois, pour ce faire, une maison en ruine le long de la route, ou piste, vu l'état des voies à cette époque. Près de la maison une Simca 5 de la Wehrmacht qui a été prise pour cible (aviation, blindé ?), a été partiellement incendiée et abandonnée par ses occupants. Sur la route, au premier plan, une Schwimmwagen en reconnaissance avec son chauffeur et le capitaine Wittmann qui tente de rejoindre son unité après la mise hors de combat de son Tigre. Quelques accessoires viendront agrémenter au fil de l'eau ce diorama.

Les forces en présence

Cette confrontation entre Britanniques et  Allemands a mis en évidence les unités suivantes : Tout d’abord, côté Allemand, la Panzer Lehr Division créée le 10 janvier 1944 à partir d'unités de démonstration et de formations stationnées en Allemagne. L’idée est de fournir une nouvelle force blindée en prévision du débarquement allié attendu dans le nord-ouest de l'Europe. La division concentrait les meilleurs commandants et instructeurs de blindés allemands. Ensuite la SS Panzer Abteilung 101 est une unité d’élite indépendante rattachée à la 1ère Panzerdivision SS Leibstandarte. En prévision de l'invasion en Europe de l’Ouest par les Alliées, des éléments du bataillon qui se trouvaient à l'Est reçurent pour ordre de se déplacer vers l'Ouest en avril 1944. Enfin, côté Britannique, l’emblématique 7ème division blindée plus connue sous le nom de « Rats du désert ». La division a combattu dans les plus fameuses batailles de la guerre du désert en Afrique du Nord. Après la défaite de l’Afrika Korps, la division reste au repos en Angleterre, puis participe au débarquement de Normandie le 6 juin 1944 à Gold Beach. Le 9 juin 1944, le maréchal Montgomery décide d'envoyer cette division capée à travers une brèche ouverte dans les lignes alemandes pour tenter d'encercler Caen par le sud-ouest.

Contexte du 12 juin 1944 - veille de la bataille

La bataille de Villers-Bocage est l’un des évènements les plus célèbres de la campagne de Normandie. Elle a eu lieu le 13 juin 1944 soit une semaine après le débarquement. Après le 6 juin, les forces combinées de la Grande-Bretagne, du Canada et des États-Unis poussent vers l’intérieur des terres. La clé de toute avancée depuis les plages est le contrôle du réseau routier et, par la même,  de la ville de Caen. Les Alliés comme les Allemands considèrent le contrôle de Caen comme vital pour la bataille de Normandie à venir.

Les belligérants

Dans les jours qui ont suivis le débarquement, les Allemands établissent rapidement de solides défenses devant la ville. Les Canadiens approchent de la ville le 7 juin, mais cette avance est rapidement stoppée par la 12e division panzer SS et la division panzer Lehr. Le 9 juin, une double tentative britannique d’encerclement et de capture de Caen échoue. Sur le flanc droit de la deuxième armée britannique et la 1re division d'infanterie américaine repoussent la 352e division d'infanterie allemande et ouvrent une brèche dans la ligne de front allemande. Le maréchal Montgomery y voit alors une belle opportunité pour reprendre l'initiative dans sa lutte pour la capture de Caen. En envoyant les vétérans de la 7e division blindée britannique, les fameux « rat du désert » à travers cette brèche des lignes allemandes pour capturer le village de Villers-Bocage, il pense encercler Caen par le sud-ouest. Les commandants britanniques espèrent que l'apparition d'une forte force sur leurs arrières forcera la division Panzer Lehr à se retirer ou à se rendre. Dans l’urgence et pour renforcer ce nouveau front, un certain nombre d’unités Allemandes quittent  le front de l'Est pour se diriger vers l'ouest.  Parmi eux se trouve la 1ère Panzer SS qui comprend la 2ème compagnie de Mickael Wittmann du 101ème bataillon SS de chars lourds. Wittmann, déjà très expérimenté et décoré, est crédité de plus de 100 chars détruits lors de son arrivée en Normandie, la plupart sur le front de l’est. Le 101ème bataillon de chars lourds était en Belgique le jour du débarquement, et fut l'une des premières unités de chars à être déplacée en Normandie ceci, sur ordre direct d'Hitler.

Avertissement

Avant d’entamer le déroulé de cette bataille, il est important de souligner qu’il existe de nombreux récits, parfois différents, sur ces combats. Cela s'explique, en partie, par le fait de la propagande Allemande qui a eu tendance de faire de Wittmann un véritable héros. Si l'attaque ne prête, en aucun cas, à controverse la séquence des événements qui s'ensuit varie selon les sources.

Situation initiale

Le 12 juin, les formations alliées, dont la 22ème brigade blindée des célèbres rats du désert, ont atteint les abords de la ville. Après avoir d'abord traversé les défenses allemandes en retraite rapide avec une relative facilité, les choses commencent à ralentir après une série de batailles acharnées près de la ville de Tilly sur Seulles défendue par la division panzer Lehr bien équipée. Néanmoins, les flancs de la Panzer-Lehr sont massivement exposés, ce qui laisse entrevoir la possibilité qu'ils soient complètement encerclés par les forces alliées qui avancent rapidement. Dans la nuit du 12 au 13 juin, la 7e division blindée pénètre de 8 kilomètres cette brèche et atteint Livry, à 11 kilomètres au sud-ouest de Tilly. Le 13 juin au matin, une force composée de blindés du 4ème Comté de Londres Yeomanry, de tireurs d’élite, de la 22e brigade blindée et d'infanterie de camions de la 131e brigade avance de 8 kilomètres à l'est de Livry jusqu'à Villers-Bocage. Un escadron de chars Sherman des tireurs d'élite pousse vers l'est jusqu'à la cote 213, juste à l'est du village sur la route de Caen.

Côté Allemand, le 101e bataillon de panzers lourds SS est arrivé en Normandie le 12 juin, après cinq jours de route, depuis Beauvais. Le bataillon dispose d'un effectif de 45 Tigres I mais réduit à 17 chars en état de marche par une attaque aérienne près de Versailles. La 2ème compagnie disposait à l’origine de 12 chars mais, suite à une combinaison de pertes et de pannes mécaniques, seuls 6 Tigres étaient présents le 13 juin. Ces quelques chars de tête avaient campé à Villers-Bocage, à 10 kilomètres derrière les lignes tenues par la division panzer Lehr, pour effectuer l'entretien des chars avant de passer à l'action.

Première partie

Dès son arrivée à Villers-Bocage le 12 juin, Wittmann comprend l'importance de tenir à la fois le carrefour routier de la ville et les hauteurs de la colline 213, en cas d'attaque ennemie et a positionné ses chars pour couvrir toute éventuelle attaque contre leurs positions. Les Britanniques s'étaient, quant à eux, arrêtés juste sous leur nez mais ignoraient la présence de ce détachement de 6 Tigre. Quand Wittmann sort de la forêt avec quatre Tigre et un Panzer IV de la Panzer Lehr, il a une vue dégagée sur la route de Caen qui serpente hors de Villers-Bocage. Stupéfait, il découvre la colonne de chars et de véhicules blindés britanniques qui avance lentement vers l’est. Sous ses yeux ébahis, la colonne fait halte, et des soldats sautent à terre pour se dégourdir les jambes ou satisfaire un besoin naturel. Certains entreprennent même de se préparer du thé. Le mitrailleur de Wittmann marmonne : « Ils font comme s’ils avaient déjà gagné la guerre. » Wittmann lui répond alors : « On va leur montrer qu’ils ont tort. ».

Wittmann envoya quatre Tigre pour affronter les forces britanniques sur la colline 213 et se dirigea lui-même vers la ville avec les deux autres. Le Tigre de Wittmann tomba en panne presque immédiatement et, prenant ainsi le commandement du deuxième Tigre, il poursuivit seul. Il s'est approché du village par le sud-est, a contourné l'escadron A et a atteint la rue principale juste à l'est des chars de tête. Il élimine rapidement  trois des quatre chars, mais un char commandé par le capitaine Pat Dyas réussi à se mettre à couvert dans un jardin au sud de la rue. Wittmann s'avance ensuite vers l'ouest le long de la rue principale, dépassant Dyas sans le repérer. Malheureusement pour les Britanniques, le tireur de Dyas n'était pas dans le char, il ne put donc profiter d'un tir de flanc idéal.

À l'extrémité ouest de la rue, Wittmann se heurte à l'escadron B. En arrivant sur la place Jeanne-d'Arc, il se retrouve nez à nez avec un Sherman Firefly commandé par le sergent britannique Lockwood du groupe B. Le Firefly était l’un des rares chars alliés capable de détruire un Tigre de face avec son canon de 17 livres. Le char britannique tira quatre coups dont un toucha la coque du Tigre. En réponse, le Tigre tira à son tour mais manqua sa cible. Cependant, le coup toucha un mur qui s'écroula sur le Sherman l'empêchant de poursuivre le combat.

Wittmann décide alors de faire marche arrière pour éviter le danger et repart vers l'est. Il se retourne, pour se retrouver face au char de Dyas qui, entre-temps, avait émergé du jardin et tentait de traquer Wittmann. Dyas frappe le Tigre de Wittmann à deux reprises sans effet mais son char, sur une riposte, est mis hors de combat, le Cromwell est déchenillé. Deux membres de l'équipage sont tués, mais Dyas réussi à s'échapper et parvient à rejoindre l'escadron B, il est alors 8h30. Après avoir détruit le char de Dyas, Wittmann a rejoint le reste de son détachement pour prendre du carburant, se réarmer et se repositionner pour attaquer de nouveau l'escadron A. Il s'approche sous couvert des bois, détruit un M3 Half-Track le plus proche du village, empêchant ainsi les Britanniques à se retirer vers l'ouest de la route en contrebas, puis un Firefly. Il participe, ensuite, à la destruction du reste de la colonne, un mélange de chars, de semi-chenillés, de Bren Carrier et de camions. Environ 25 véhicules blindés sont détruits lors de cette attaque. Cette fois, les Allemands sont soutenus par l'infanterie, notamment des grenadiers de la Panzer Lehr, de sorte que les équipages britanniques sont tués ou capturés. Pendant ce temps, de retour au village, le major Aird de l'escadron B décide d'envoyer quatre chars Cromwell et un Sherman Firefly, pour tenter de prendre contact avec l'escadron A. Ils avancent dans les rues secondaires au sud de la rue principale, mais ne réussissent pas à franchir la voie ferrée au sud-est du village. Ils prennent alors position sur une place juste au sud de la route principale, avec un canon antichar de six livres servi par des soldats du Queen’s Royal West Surrey Regiment, dans la ruelle un peu plus à l'ouest pour tendre une embuscade aux Allemands s'ils se retournaient. Bien qu'il ne soit pas assez puissant pour détruire un Tigre, le canon antichar de six livres peut le neutraliser en visant les chenilles, ce que firent d’ailleurs les artilleurs britanniques sur le char de Wittmann qui est déchenillé. Incapable de se mouvoir mais, cependant, toujours en position de force, Wittmann utilise pendant 20 minutes ses mitrailleuses et son canon de 88 pour tirer sur toutes les cibles qui se présentaient dans son viseur. Pensant que son Tigre pourrait être remorqué et réparé plus tard, Wittmann et son équipage abandonnèrent le char sans le détruire quittant la zone à pied et se frayant l'arme à la main un chemin jusqu'à leurs lignes. Ils finirent par rejoindre le quartier général de la Panzer Lehr à environ 7 kilomètres.

Deuxième partie

Dans l’après-midi, 15 Panzer IV du 2e bataillon du 130e régiment quittèrent Orbois en direction de Villers-Bocage sous le commandement du capitaine Helmut Ritgen avec pour objectif de bloquer les sorties vers le nord. Avant d'atteindre leur objectif, ils se trouvèrent pris sous le feu des canons antichars britanniques qui bloquèrent leur avance. Fritz Bayerlein, commandant de la Panzer Lehr, donna l'ordre aux Panzer IV de reculer et de se regrouper à l'extérieur de Villers-Bocage. Avec le renfort d'un détachement supplémentaire de chars Tigre stationnés initialement à Parfouru-sur-Odon, ils attaquèrent à nouveau ; quatre chars par le sud et dix par la rue Clemenceau. Chacun des deux groupes perdit 2 chars.

Dans l’intervalle de temps, Wittmann avait rejoint dans sa Schwimmwagen le point 213, où il briefa Rolf Mobius, commandant de la 1re compagnie, pour organiser la seconde attaque que le 101e Abteilung se préparait à lancer. Les chars Tigre de la 1re compagnie pénétrèrent alors dans la ville en suivant la route de Caen et rejoignirent ceux de la Panzer Lehr sur la place du Marché afin de coordonner et d'appuyer leur offensive. Les forces étaient distribuées afin d'occuper le village depuis la rue Pasteur jusqu'à la place Jeanne-d'Arc, sur la rue de Saint-Germain, la rue Émile-Samson et en direction du croisement de la rue Jeanne-Bacon et du boulevard Joffre.

Toutefois, la résistance britannique s'était réorganisée, les Allemands avaient perdu l'avantage de la surprise mais la bataille était définitivement pliée.

Situation le 12 juin 1944 au matin.
Le 12 juin 1944 Montgomery tente une manoeuvre d'encerclement en contournant Caen par l'ouest pour piéger les divisions Allemandes. La 7ème division britannique est envoyée vers Villers Bocage. 
Situation le 13 juin 1944 au matin.
Wittmann en action.
Etat de la colonne britannique après les premiers engagements.
Char Stuart mis hors de combat.
Char Panzer IV prêt à passer à l'attaque.

Historique des deux véhicules

La SIMCA 5 (1936-1949)

Coordonnée avec la FIAT 500 dont elle dérive la SIMCA 5 est présentée à Nanterre le 10 mars 1936. La production est retardée par les grèves qui ont marquées cette année 36 mais, malgré tout, le succès est immédiat. Cette auto minimaliste n’offre que 2 places mais s’avère très légère avec un poids sur la balance de 560 kilogrammes ! Lancée à 9900 Francs de l’époque elle bénéficie d’un tarif très attractif et va permettre la motorisation de nombreux Français, et Française, car l’auto est très féminine. Elle sera produite à 46 472 exemplaires durant toute sa carrière. Sur le plan technique, le brillant ingénieur Italien Dante Giacosa a opté pour une position très avancée du moteur afin d’améliorer au maximum l’habilité intérieur, le radiateur étant installé derrière le moteur. Ce dernier, un 4 cylindres cubant 570 cm3, à soupapes latérales et refroidissement liquide est très économique avec une consommation affichée de 3,5 litres aux cent kilomètres. Quelques mois après son lancement, la SIMCA 5 est épaulée par une version découvrable, version qui est reprise sur la scénette projetée. Soulignons que pendant la Seconde Guerre mondiale, la production de la voiture s'est poursuivie - même après la défaite de la France en 1940 - mais pour les besoins de l'occupant. Il convient d'ajouter qu'une grande partie de la production de la Simca 5 est allée aux forces armées allemandes où elle a été utilisée comme voiture d'état-major d’où sa présence au sein de mon diorama, aux couleurs de la division Leyr.

La Schwimmwagen (1941-1944)

La Schwimmwagen est un produit Volkswagen. Les exigences de l’armée allemande portaient sur un véhicule capable de circuler sur les terrains les plus accidentés, y compris sur l’eau ; un engin qui devait pouvoir franchir un gué de 45 cm minimum. Cela donne en définitive un engin de 3,8 m de longueur et 900 kg. Une petite voiture qui pouvait accueillir quatre soldats avec un armement complet et pouvait les transporter partout où les véhicules à chenilles pouvaient passer. Le projet 166, fabriqué à partir de 1941, était motorisé par le petit 4 cylindres à plat de la Volkswagen qui développait 25 ch. Elle est dotée d’une garde au sol améliorée et d’une hélice qui lui permet de se mouvoir dans l’eau. L’hélice était le plus souvent repliée en position haute. En bas de la coque, une prise de force était prévue pour l’utilisation de l’hélice. La paire de rame servait à la marche arrière tandis que les roues avants servaient de gouvernail. En définitive, cette quatre roues motrices était une sorte de coque étanche avec une hélice. A l’intérieur, un tableau de bord réduit à sa plus simple expression, un volant, trois pédales aux pieds, des caillebotis en bois et trois leviers de vitesse, dont un plus petit pour la première vitesse courte. Pas de portières, bien sûr, et une ligne de flottaison assez basse. Il fallait enjamber la carrosserie pour entrer et sortir. Pour aller dans l’eau, il fallait peu de temps ; déverrouiller l’hélice attachée par une sangle, la descendre dans la prise de force et bloquer l’ensemble. La Schwimmwagen pouvait naviguer à 12 km/h. La Schwimmwagen a été construite à Wolfsburg, l’usine principale de Volkswagen, à 14 625 exemplaires. Durant le conflit mondial il y en avait partout, jusque sur les plages de l’Atlantique où les soldats américains les intégraient, une étoile américaine peinte sur la carrosserie. Celle représentée dans le diorama était utilisée comme voiture de liaison par le commandant Wittmann.

Réalisation de la Simca 5

Cet kit Tamiya est constitué de 2 grappes principales ce qui en fait une maquette assez simple à monter malgré la présence de petites pièces assez fragiles. La difficulté résidera plus dans la peinture et les effets pour en faire une auto ayant subi les affres de la guerre, à savoir mitraillée et en partie brulée. Cette Simca sera bien sûr aux couleurs de la Panzer Lehr.

Le montage

Le montage s'effectue facilement, c'est du Tamiya. Cette petite auto présente beaucoup de détails, c'est pour cela que j'ai choisi de constituer plusieurs sous-ensembles pour ce montage, le chassis et la plateforme puis la carrosserie. J'ai suivi globalement l'ordre de montage décrit dans la notice mais en peignant au fur et à mesure les sous-ensembles. Pour la plate-forme j'ai utilisé des peintures Tamiya (X18, XF16 et XF59) ainsi que des peintures Vallejo (70.984) et Mig (0041) pour l'intérieur et les effets de rouille. J'ai employé, aussi, du flocage marron de chez Scale Production pour simuler les moquettes. Pour les chromes j'ai fait appel à la gamme Molotow. Pour le vernis, j'ai utilisé du satiné de chez Mr Color GX 114. J'ai réalisé un léger voile avec du Shader de chez Mig et le vieillissement avec des pigments et des jus et effets de la même provenance. J'ai effectué aussi des impacts de balles sur les ailes et le capot. L'aile avant droite a été légèrement enfoncée, l'auto ayant "vécu" lors des années d'occupation.

En ce qui concerne le traitement de la carrosserie, j’ai d’abord passé un voile de bombe d’apprêt gris Tamiya. Ensuite, après les travaux habituels (pastilles d’éjection, lignes de moulage, …) j’ai peint la caisse en gris panzer comme elle avait dû être au début de l’occupation. Ensuite, elle a été traitée en dunkegelb 1944. Pour le début d’incendie du capot moteur, j’ai commencé à appliquer une petite zone en orange rouille. Le pneu avant a été aussi travaillé pour représenter un pneu crevé et les roues légèrement braquées sur la gauche. J’ai posé les quelques décalques puis j’ai réalisé un pochoir pour l’emblème de la division Leyr, un "L" majuscule. Après une couche de vernis satiné je suis passé à l'empoussiérage et au traitement du capot brûlé avec les produits Mig et, notamment, les pigments. J’ai empoussiéré légèrement les vitres pour le réalisme, le pare-brise ayant un impact de balle, et j'ai positionné la portière du chauffeur entre-ouverte, laissée telle quelle dans la précipitation de l'attaque.

Réalisation de la Schwimmwagen

De la même manière que la Simca précédemment montée, le kit Tamiya de la Schwimmwagen comporte 2 grappes essentielles d’une qualité correcte. Le kit date de 1998 et est doté d’une plaque de « mesh » pour simuler les parties grillagées d’aération du moteur. Celle-ci seront remplacées par de la photodécoupe proposée par le kit d’embellissement de chez Hauler. Les parties transparentes sont, aussi, de bonne facture. Le chauffeur de la Schwimmwagen est inclus dans le kit ce qui est assez sympathique. Cependant, même s’il est d’assez bonne qualité, je suis plutôt enclin à en chercher un autre correspondant mieux à mon projet, ceci pour plusieurs raisons. En effet, celui intégré par Tamiya est tout d’abord un soldat de la Wehrmacht et se présente légèrement débraillé ce qui ne correspond pas vraiment à un chauffeur de commandant de la SS. Un personnage proposé par Alpina – ref 35279 (idée suggérée par Philippe) me séduit réellement : affaire à suivre. Enfin, ce véhicule allemand recevra le camouflage 3 tons alors en vigueur. La première étape consistera à repérer l’ensemble des phases, sur la notice, qui seront améliorées avec des éléments du kit Hauler.

Le montage

Voici les première images de la Schwimmwagen. Comme la Simca, le kit se monte très bien et les ajustements sont satisfaisants. Sur cette premièr partie, le kit Heuler est peu utilisé. Les éléments rajoutés sont les pédales et une amélioration du tablau de bord. Concernant les 3 pédales, la finesse est réllement un plus et donne du réalisme à l'habitacle. Pour les caillebotis, j'ai effectué une peinture qui rappelle le bois avec des de l'acrylique de chez Vallejo en m'appuyant sur des teintes marron et beige, avec des variations à l'aide de la technique du brossage à sec. Pour les sièges, j'ai utilisé un peu la même technique pour figurer les ombres et l'usure de la sellerie exposée aux intempéries et au soleil. Quant au moteur, il est assez bien détaillé avec un beau rendu du flat four même si, au final, il ne sera pas visible une fois le capot posé.

Suivre Frédéric Triou:
J'ai commencé les maquettes dans les années 70 principalement avec les marques Heller et, surtout, Airfix au 1/72. Comme beaucoup, une grosse interruption jusqu'à 2016 au moment où j'ai commencé à reprendre tranquillement ce hobby. La chaîne Plastikdream, découverte par hasard, m'a motivé à consacrer un peu plus de temps au maquettisme. Je suis passionné aussi par l'histoire de la seconde guerre mondiale et collectionneur de véhicules 'légers' en 'vrai' !
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13 Commentaires
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Jean Luc Braem
Auteur D2MM
Jean Luc Braem
25 février 2024 9h33

Sujet intéressant

Jean-Frédéric Villatte
Auteur D2MM
8 janvier 2024 23h19

un super petit dio qui s’annonce autour d’un récit intéressant sur wittmann merci pour les informations et les recherches

Martial HELLO
Invité
Martial HELLO
5 janvier 2024 0h09

Encore un dio que je vais suivre avec attention ! ! !

Propeller63
Auteur D2MM
4 janvier 2024 21h13

Chouette dio en perspective…Bon montage Frédéric !

Philippe
Auteur D2MM
3 janvier 2024 7h04

Chouette projet…👍🏻
Pour info, pour le Hauptsturmführer Wittman en Normandie et le conducteur schwimmwagen tu as 2 belles références Alpine 35120 et 35279.
Hâte de voir la suite..😀

Floppy
Auteur D2MM
1 janvier 2024 21h35

Projet très sympa, vivement la suite.

Doni
Auteur D2MM
1 janvier 2024 15h58

Beau diorama en perspective !

Didier Lefebvre
Administrateur
1 janvier 2024 7h02

Ca démarre fort Frédéric ! bravo !