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Il y a aujourd’hui 84 ans….

Bonjour à tous et à toutes,

Les Forces Françaises Libres ont été créées le 1er juillet 1940 et dissoutes le 1er août 1943.

En effet, les FFL ont cessé d'exister le 1er août 1943 à la suite de leur fusion avec l'Armée d'Afrique commandée par Giraud, continuant leur combat dans les rangs de « l'Armée française de la Libération.

S’agissant de rendre hommage à tous ceux et toutes celles qui ont dit NON et décidé de poursuivre le combat très tôt dès 1940, l’objectif de l’étude est d’évoquer, à travers leur épopée, les forces armées ralliées à la France libre sous l'égide du général de Gaulle.

L'APPEL DU 18 JUIN 1940

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle s’exprime pour la première fois à la radio de Londres sur les ondes de la BBC.
Son premier discours est un appel à tous les militaires, ingénieurs ou ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique à se mettre en rapport avec lui pour continuer le combat contre l'Allemagne et où il prédit la mondialisation de la guerre.
Il est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française, dont il demeure le symbole.

Ce jour-là, c’est un homme bien seul qui parle à Londres.

A cette date, la bataille de France est perdue !

En effet, entre le 26 mai et le 2 juin, l'armée belge fait défection et la Grande-Bretagne décide, sans concertation avec le commandement français, de replier son armée en rembarquant par Dunkerque la totalité de son corps expéditionnaire de 200 000 hommes, ainsi que 140 000 Français, laissant le reste de l'armée française seule face aux Allemands.

Le 6 juin, Reynaud nomme, contre l'avis de Pétain et Weygand, de Gaulle sous-secrétaire d'État à la Défense et à la Guerre.


Le général de Gaulle a pour mission prioritaire d'obtenir un appui militaire renforcé de Churchill.
Le 16 juin, depuis Londres, de Gaulle dicte au téléphone la note de Jean Monnet à Paul Reynaud, intitulée « Anglo-French Unity », un projet d'une Union franco-britannique.

Le lendemain, le général Edward Spears, représentant de Churchill auprès du gouvernement français, vient avec de Gaulle en avion à Bordeaux pour tenter de convaincre Paul Reynaud de rejoindre Londres, mais sans succès, ce dernier ayant démissionné la veille.
Au 29, rue Vital Carles à Bordeaux est fixée une plaque commémorative.

Il s'agit de l'Hôtel du Quartier Général de Bordeaux, aujourd'hui siège de la zone de Défense et de la région Terre du grand Sud-Ouest.

C’est dans ce bâtiment que s'est joué, le 17 juin 1940, l'avenir de la France.

Charles de Gaulle, installé dans l'hôtel, prend ici la décision de partir pour Londres. Voyant qu'il n'a aucune place dans le nouveau gouvernement Pétain, l'ex sous-secrétaire d'État à la guerre de Gaulle décide de repartir outre-manche et profite le jour-même de l'avion de Spears.

Arrivé à Londres avec l'intention de négocier avec les Britanniques la poursuite de la guerre, il rencontre le Premier ministre britannique, Winston Churchill, dans l'après-midi. De Gaulle expose son projet de maintenir la France dans la lutte même en cas de fin des combats décidée par le gouvernement installé à Bordeaux.

A cette fin, il émet le souhait de pouvoir s'exprimer à la radio dès que la nouvelle de la demande d'armistice tombera. Churchill donne son accord de principe et met à disposition la BBC.

À l’époque, la BBC émet en grandes ondes sur 1 500 m de longueur d'onde et en petites ondes sur 265 m. Elle a un rayonnement international qui lui permet de diffuser en Europe, et donc en France.

Son officier d'ordonnance, le lieutenant Geoffroy de Courcel (oncle de la future Bernadette Chirac née Chodron de Courcel), un partisan lui-aussi de la poursuite des combats, a accepté de suivre le général en Angleterre.

Il est alors le premier Français à s’engager dans les Forces françaises libres (FFL).

À Londres, il poursuit son travail d'aide de camp. C'est lui en particulier qui sollicite Élisabeth de Miribel, une amie de jeunesse, pour effectuer les premiers travaux de secrétariat pour le général de Gaulle.

Arrière-petite-fille du troisième président de la République Patrice de Mac-Mahon, Élisabeth de Miribel se présente volontairement au ministère des Affaires étrangères dès la déclaration de la guerre en septembre 1939 et elle est affectée à Londres au sein de la « mission française de guerre économique » que dirige l’écrivain et diplomate Paul Morand.

Le 17 juin à 12 heures 30, Philippe Pétain, nouveau chef du Gouvernement français, fait un discours officiel à la radio où il annonce qu'il faut cesser le combat et son intention de demander à l'ennemi la signature d'un armistice.

Churchill et de Gaulle conviennent dès lors que le second s'exprimera dès le lendemain sur les ondes.

Dans l'après-midi du 18 juin, Élisabeth de Miribel, dans l'appartement que de Gaulle et son aide de camp Geoffroy de Courcel occupent à Seamore Place à Londres, tape à la machine le texte du discours, dont le général de Gaulle a rédigé un premier brouillon dès le 17 juin à Bordeaux au petit matin.

Elle raconte dans son autobiographie :

« Je me suis retrouvée devant une machine à écrire, alors que je tapais fort mal, et devant des feuilles manuscrites très difficiles à déchiffrer. J'étais installée dans une chambre, à côté de la salle à manger. Le Général s'est absenté une partie de la matinée. Il est sorti pour déjeuner. Mon vrai travail a commencé vers trois heures. Je m'applique laborieusement à lire un texte finement écrit et surchargé de ratures. Je dois le recopier, au propre, à la machine […]. Ces mots vont constituer une page d'histoire. Je ne le sais pas encore. Pourtant j'ai l'obscur pressentiment de participer à un événement exceptionnel […]. Je n'ai pas entendu l'appel ce soir-là ! ».

Elle restera ensuite au service des FFL comme secrétaire du général, rejointe par la suite par de nombreuses femmes qui constitueront le Corps des Volontaires Françaises de la France Libre.

Le gouvernement britannique impose toutefois des corrections à la lecture des propos du général de Gaulle qui doit rendre son texte plus neutre, le cabinet de guerre britannique voulant ménager le nouveau chef du gouvernement français.

C'est cependant la version écrite originale qui sera publiée dans le Bulletin officiel des Forces françaises libres du 15 août 1940, dans le premier numéro du Journal officiel de la France libre le 20 janvier 1941, puis dans les Mémoires de guerre, et dans l'ensemble des recueils de discours du général de Gaulle.

Une plaque commémorative avec le projet de texte non censuré par le gouvernement britannique est visible à Vienne (Isère).

Il faut savoir que l’appel émis à la radio n'est entendu que par peu de Français. En effet, les troupes sont prises dans la tourmente de la débâcle, tout comme la population civile.

Les Français réfugiés en Angleterre ne sont pas au courant de la présence du général, et beaucoup ignorent son existence.

Par ailleurs, l'appel du 18 Juin est souvent confondu avec le texte de l'affiche « À tous les Français » signée au 4, Carlton Gardens à Londres, et placardée le 5 août sur les murs de Londres.

Ce n'est donc qu'ultérieurement, après avoir lancé d'autres appels encourageant les Français de la Métropole, de l'Empire et d'ailleurs à résister, que ce discours est notoirement connu.

Parallèlement, la médiatisation de la condamnation à mort du général de Gaulle par le tribunal militaire permanent de la 13e région, siégeant à Clermont-Ferrand, le 2 août 1940 suivant, va largement contribuer à le faire connaître en France.

Ses alliés, les techniciens de la B.B.C, prêtent si peu d’attention à son texte, qu’aucun enregistrement de cet appel, sur lequel va être fondée une légitimité, n’est fait le 18 juin.

La version sonore qui est connue est celle de l’appel du 22 juin 1940, jour de l'Armistice, qui comporte un texte similaire, mais remanié avec une argumentation plus solide.

https://www.youtube.com/watch?v=uRo-3Y1MdwQ&t=3s&ab_channel=SacraMoneta

L'appel du 18 Juin marque indéniablement le début de la France libre qui, formée uniquement de volontaires (bien qu'initialement très peu nombreux), poursuit le combat sur terre, sur mer et dans les airs auprès des Britanniques et représente, face au régime de Vichy, la France qui se bat.

A suivre… 😉

Sources (contenu et illustrations) :

Wikipédia, aufildesmotsetdelhistoire.unblog.fr/2010/01/21/lappel-du-18-juin-1940/, www.histoire-en-questions.fr/personnages/de%20gaulle/, www.babelio.com/auteur/lisabeth-de-Miribel/169513/photos, www.france-libre.net/geoffroy-de-courcel/, archives personnelles.

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